• [Projet EklaBugs] Et lorsque le vent soufflera ...

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    EklaBugs est un projet visant à animer la plateforme, en proposant des articles à thème à rédiger à chaque session. Chaque mois, les Eklablogueurs votent pour un thème, et le thème qui a le plus de votes est le thème de la session. Ce mois-ci, le thème a été imposé par les administratrices du projet. Il s'agit de faire vivre un objet ou un personnage d'un conte, racontant tout ce qu'il aurait ressenti durant le conte.

    Beaucoup de choses se racontent sur moi. Il est dit que je serai un incapable, un nul, un raté. Et tout cela me blesse. Mais moi, je connais la vérité. Et je vais vous la conter.

    Comme tout être vivant vivant sur cette Terre, j'ai besoin de vivre. Et vivre signifie manger, boire, bouger et dormir. Entre autre. Donc je suis mes instincts. Après tout, nous ne sommes que des animaux vivant sur cette Terre. Même les végétaux ont cet instinct. Alors oui, je me permets de comparer les végétaux à des animaux. Après tout, seul la survie a permis à de nombreuses espèces d'être encore en vie aujourd'hui. Elles se sont adaptées. Végétaux comme animaux. Mais je m'égare.

    Mon instinct crie famine. J'ai les crocs. Et c'est peu de le dire. Alors je me mets en chasse. Car il s'agit là d'une rare chose que je puisse faire. Lorsque personne ne vient m'embêter. Un doux fumet arrive à mes narines. Un fumet que me fait saliver d'avance. Alors, comme toute personne sensée et ayant faim, je suis l'odeur jusqu'à sa source. Et quelle surprise !

    Une maison se dresse devant moi. J'aperçois une fine fumée sortir par la cheminée du toit. Et mon odorat me signale que le doux fumet qui m'a attiré ici provient de cette cheminée. Je décide d'observer les alentours. Personne à l’horizon. Alors je me rapproche.

    J'observe par une fenêtre le contenu de cette maison. J'entends quelqu'un, mais je ne vois personne. Par miracle, la fenêtre était celle de la cuisine. Je pouvais voir le plat mijoter. Même si je n'avais strictement aucune idée de son contenu. Cela n’empêchait pas du tout mon estomac de me dire à quel point il avait faim.

    Un bruit strident me tira de ma léthargie. Je me tournai vers l'auteur de ce bruit. Un bruit strident, que le cristal refusera d'entendre et se brisera en mille morceaux. Un cri strident, que même une chanteuse d'opéra ne pourrait reproduire. Et je vis l'habitant de la maison dont j'espionnais la cuisine. Un cochon. Un petit cochon. Deux états s'imposèrent à moi. Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer. Ma situation était rocambolesque.

    Mon estomac me ramena à la réalité. J'avais faim. Et un joli rôti sur pattes se tenait devant moi. Alors je tentai tant bien que mal de lui sauter dessus. Mais, faible comme j'étais, je me fut pas allé bien loin. Le rôti sur pattes eut même le temps de se réfugier chez lui. Je pouvais tenter de passer par la cheminée, mais cela me demandait trop de force. Alors j'envisageai d'autres options.

    Après moult réflexions, je pris la décision de faire s'envoler la maison. Elle n'était qu'en paille. Un simple grand coup de vent suffirait à la raser. Alors je soufflai. De toutes mes forces. Et la maison s'envola. Le rôti sur pattes n'attendit pas son reste, et partit dans la forêt pour me fuir. Je pouvais me délecter du plat qui mijotait dans ce qui était la cuisine. Mais mon estomac avait désormais faim de viande. Alors je pris en filature le rôti ambulant.

    Qu'est-ce qui est mieux qu'un rôti ambulant ? DEUX RÔTIS AMBULANTS ! Je pus apercevoir mon rôti en fuite rejoindre un autre rôti sur pattes. Qui l'invita à se réfugier chez lui. Sa maison était en bois. Encore une bâtisse qu'un énorme coup de vent pouvait faire tomber.

    Et un énorme coup de vent la fit tomber. Un coup de vent digne d'une personne grandement affamée. Les deux rôtis ambulants sur pattes n'attendirent pas pour détaler comme des lapins. Et moi, je n'attendis pas pour me remettre à les chasser, tel un prédateur n'ayant plus rien à perdre chassant sa proie.

    Ils arrivèrent chez un troisième rôti sur pattes. J'avais l'impression d'être dans un supermarché bradant envers et contre tout ses rôtis de porcs. « Trois pour le prix d'un, monsieur. Et garanti 100% satisfaction de votre faim ! ». Je n'attendis pas longtemps pour réitérer mes exploits venteux précédents. La maison devait tomber !

    Mais elle ne tomba pas. J'avais oublié que les briques résistaient aux vents les plus tenaces. Et je n'étais pas en assez bonnes conditions pour produire un ouragan. Alors je me mis à réfléchir à comment pénétrer dans cette forteresse minuscule. L'escalade ! Mais cela me prit des jours pour grimper à la main. Et sans succès en plus. Et je me rendis compte que j'étais stupide. Pourquoi escalader à la main, quand on a une échelle chez soi ?

    Je fonçai chercher mon échelle. L'escalade fut plus facile ainsi. Arrivé au sommet de la cheminée de la maison — car oui, cette maison avait une cheminée —, j'entrepris la descente express.

    La fin de ma descente express fut assez étrange. Je sentis comme de l'eau sous mes pieds. De l'eau chaude. Très chaude. Très très chaude même. Beaucoup trop chaude pour être supporté par quelqu'un de normal. Et j'étais normal. Mon instinct me dicta de fuir. Ce que je fis sans hésiter ! La douleur de m'être fait ébouillanter m'accompagna pendant un long moment. Le cri de douleur que je poussais en sortant de la cheminée peut en attester.

    Au final, j'avais encore plus faim qu'avant. Et perdu ma journée pour rien.

    La chute de cette partie de ma vie m'a fait très mal. Mais il faut savoir qu'on ne peut lutter contre notre instinct, surtout quand on est un prédateur digne d'un loup.

    THE END !

    Les malfamés :

    Article sponsorisé par :
    L'imagination de Nyeh
    Une statue de loup du parc de Rhodes (57)


  • Commentaires

    1
    Mercredi 30 Août à 00:18

    Ha ha ha, j'avais bien deviné de quel conte il s'agissait au titre. Mais tu m'as bien fait marrer.happy Assez intello ton loup quand même. Les petits cochons qui le prenaient pour un gros plouc. Mais ho, il n'aurait pas dû grimper à la patte plutôt qu'à la main ? Affamé mais pas SDF, l'a même des outils. Un loup moderne quoi :lol: Enfin quelqu'un qui réhabilite le loup.

      • Lundi 4 Septembre à 18:28

        Bah disons que j'aime pas faire parler la princesse gnangnan qui ne sert à rien dans les contes :lol: et puis, ma visite au parc animalier de Rhodes n'a pas aidé, avec ses belles statues de loups :joy:

        Figure-toi que le loup fait réellement toutes ces actions dans le conte (enfin, la version pour enfants, si jamais une version adulte existe :lol:)

      • Lundi 4 Septembre à 19:57

        Je dois dire que c'était pas un de mes contes préférés donc j'ai pas mal oublié. On m'a offert les contes de Grimm revisité par Philip Pullman, j'en découvre des tas que je ne connaissais pas.

      • Jeudi 7 Septembre à 22:45

        J'suis sûre que je ne les connais pas tous nah plus :lol:

    2
    Jeudi 7 Septembre à 23:03

    Contrairement à Eyael, je n'avais pas deviné au titre... C'est vraiment pas mal !

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